France Télécom : Qui se cache derrière les attaques contre TECHNOLOGIA ?

Qui se cache derrière les attaques contre TECHNOLOGIA ?

Des attaques se multiplient contre TECHNOLOGIA. Comme c’est le cabinet d’expertise qui m’emploie je me sens assez concerné.

Une première attaque est arrivée via un article de Christophe Dejours paru dans le Nouvel Observateur :

« Polémique autour du questionnaire France Télécom »

Dans ce premier article, le psychiatre Christophe Dejours, auteur de « Suicide et travail, que faire ? » a estimé que le questionnaire France Télécom ne servait « strictement à rien ».

Le Directeur de TECHNOLOGIA a répondu à Christophe Dejours que les 25.000 salariés qui ont répondu dès le 21 octobre 2009, « ont démontré que ce questionnaire n’était pas vain ». Tous les syndicats de France Télécom, « après avoir contribué à sa création », ont appelé à le remplir.

Aujourd’hui c’est déjà plus de 65 000 réponses qui sont parvenues à Technologia.

Le questionnaire « France Télécom » est effectivement assez impressionnant. Les média lui ont peut-être accordé beaucoup trop de place. Mais, c’est vrai les chiffres sont énormes !

Adressé à 102 000 salariés, il comporte 177 questions qui pourront être exploitées statistiquement. Ce qui aurait été impossible avec davantage questions ouvertes.
Répondre à un tel questionnaire est certainement une tâche laborieuse. Il faut consacrer beaucoup de temps pour répondre à toutes ces questions. Et pourtant plus de 65 000 réponses sont déjà parvenues à Technologia. Ils sont donc déjà 65 000 les salariés qui ont pris la peine de répondre. Voilà une belle démonstration d’une motivation réelle. Pour ces 65 000 salariés le questionnaire constitue déjà un moyen pour exprimer son vécu.

Le questionnaire bien sûr n’est pas tout.

Il y a aussi une impressionnante analyse de tous les documents de l’entreprise liés à la santé et la sécurité au travail.
Il y a aussi l’analyse des terribles accidents du travail liés à la souffrance au travail.
Il y a encore plus de 1000 entretiens réalisés par des professionnels ergonomes, psychologues, sociologues, médecins.
Il y a enfin, dans les régions des CHSCT qui ne sont pas restés des spectateurs inactifs. Ils sont nombreux à avoir demandé qu’une analyse spécifique de ce qu’ils vivent dans leur établissement soit réalisée par une expertise spécifique et complémentaire par Technologia.

Tout ce travail de Technologia va permettre :

D’une part, de poser le problème de la façon la plus objective et précise possible. Cette expertise va contribuer à mettre en lumière des situations qui restent habituellement dans l’ombre. l’expertise va permettre de repérer et de mesurer même les causes les plus cachées qui concourent à cette souffrance au travail.
et d’autre part d’orienter les acteurs vers des pistes de solutions. En effet, des pistes de réflexion, des propositions mises à jour à partir d’une problématique clairement identifiée et posée sans concession par des professionnels indépendants, c’est tout ce qu’une expertise réussie peut apporter aux parties prenantes.
Les syndicats devront eux aussi jouer leur rôle dans cette histoire, car bien sûr Technologia ne changera pas la réalité économique et sociale de France Télécom.

Si une expertise suffisait à changer la réalité, il n’y aurait pas besoin de syndicats ni de CHSCT. En fait, ce sont les engagement des salariés eux-mêmes qui changeront le cours des choses. L’expertise peut être un point d’appui qui peut permettre de mieux comprendre le travail pour vraiment le changer. Une expertise peut aussi peut-être donner des perspectives aux volontés de changement qui resteraient vaines sans propositions, sans revendications.

Une deuxième Attaque le 7 novembre 2009, toujours initiée par un article de Christophe Dejours elle est encore plus violente contre Technologia :

Sur le blog « JUSTICE & MEDECINE » est repris un « communiqué de presse » Asd-pro Association d’aide aux victimes et aux organisations confrontées aux Suicides et Dépressions professionnels daté de Chinon le 5 novembre 2009.

Ce deuxième article, encore signé par Christophe Dejours est la réécriture d’un communiqué de l’Asd-pro daté du 4 novembre 2009. Il est titré : « Cabinet Technologia: Autopsie psychique des suicidés de chez Renault sans cadre médico-règlementaire ! »

http://justice-medecine.blog.droitfondamental.eu/wordpress/?p=1012

Les accusations sont sévères et infondées : « Ce nouveau pas franchi dans l’expression du déni repose sur une succession de pratiques illégales, et sur une éthique plus que douteuse : autant de raisons pour stopper net ces autopsies psychiques ».

En fin d’article j’ai pu lire :

« Pour en savoir plus sur notre point de vue, lire « Alerte de l’association Asd-pro au sujet des autopsies psychologiques et des cabinets d’expertise qui les pratiquent ! », sur le site http://www.asdpro.fr/  »

Curieux par nature, j’ai voulu savoir qui était cette jeune « Association d’aide aux victimes et aux organisations, confrontées aux Suicides et Dépressions Professionnels » a été fondée en juillet 2008.

Parmi les membres de Conseil d’Administration actuel j’ai été surpris de trouver Serge Dufour Directeur d’Emergences. http://www.asdpro.fr/3.html

L’attaque ne vient donc pas de nul part ! Pourtant elle est nulle !

La même attaque est reprise dans une revue bien connue des mutualistes et respectée dans le milieu de la santé au travail : Santé et Travail. http://sante-et-travail.fr/ Peut-êttre trop rapidement, car en fait, Technologia n’a pas réalisé d’autopsie psychologique chez Renault et n’en réalise pas non plus à France Télécom. Cela aurait pu être vérifié, cela aurait dû être vérifié, mais cela n’a pas été vérifié.

Dans les cabinets d’expertise tout le monde sait très bien que les employeurs (comme les syndicalistes) cherchent toujours a instrumentaliser les résultats des expertises même et surtout lorsque les conclusions en sont accablantes pour l’entreprise.

Les employeurs essaient toujours d’interpréter les rapports d’expertise à leur profit. Un exemple très illustratif de cette pratique constante est l’affaire LECAS plaidée récemment devant le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale de la Charente. D’un côté, la salariée demande la reconnaissance en accident du travail de la dépression nerveuse dont elle est victime. Elle produit pour démontrer ses dires le rapport d’expertise de Technologia. De l’autre côté, l’employeur conteste cette position. Il cite lui-aussi le rapport d’expertise de Technologia. Je vous donne une copie de ce jugement qui est par ailleurs très instructif. TASS Jugement LECAS.

Attaquer un cabinet d’expertise et des experts sur l’usage que les avocats font de leur travail, c’est véritablement injuste.

Les analyses des accidents du travail font toujours apparaître des causes liées au Milieu de Travail, au Matériel (équipements, installation, matière première, énergie, etc.) mis en œuvre dans le Travail, aux Tâches effectuées et évidemment aux individus impliqués dans les situations de travail. Doit-on cacher des causes liées aux individus sous prétexte que l’employeur pourrait utiliser cela pour tenter de dégager sa responsabilité ? C’est une curieuse idée du métier d’expert. Les salariés ont besoin de la vérité pour proposer des mesures de prévention qui prennent en compte la réalité de terrain et non celle qui justifie des théories bâties pour les prétoirs.

Jusqu’à présent l’argument du confidentiel et du secret était utilisé par les employeurs pour cacher la vérité aux salariés. Par cet article, certains prétendent que l’argument du secret et de la confidentialité pourrait servir les salariés. La question posée au TASS n’est pas de savoir si, dans ce cas, il s’agit ou non d’un accident du travail l’accident du travail est la responsabilité de l’employeur qui l’accompagne est incontestée. La question posée au TASS est de dire s’il y a ou pas faute inexcusable de l’employeur.

Rappelons la position très favorable de la CGT sur le rapport Technologia :

« …

Pour la CGT, cette étude scientifique est d’utilité publique et doit être accessible à tous.

Malgré la demande formelle du secrétaire du CHSCT (CFDT) au nom des élus, ce rapport a été diffusé sous forme d’exemplaires papiers numérotés pour en entraver la publication, alors que ce rapport est commandé par le CHSCT et propriété des représentants du personnel. Cela a contraint les élus à convoquer une réunion extraordinaire du CHSCT pour voter formellement la diffusion du rapport complet sous format informatique, réunion qui a lieu hier.

Résultats du CHSCT extraordinaire sur la diffusion du rapport :

Les représentants du personnel au CHSCT ont d’abord voté à l’unanimité la mise à disposition du rapport par la direction sur Intranet.

La position de la direction a été alors que ce rapport ne devait être accessible qu’en consultation, et ne pas pouvoir être imprimé ou téléchargé, ce qui entraînait un délai technique de 15 jours (en Pdf le délai technique est de 24h). Un vote a eu lieu sur ce point.

– Pour la position de la direction : CFE-CGC (3 voix)

– Contre la position de la direction : CGT, CFDT, SUD (7 voix)

Selon la réglementation des CHSCT, l’employeur est « soumis aux directives des élus ». Cette décision est donc exécutoire.

… »

Par ailleurs, chacun le sait bien, la question de l’existence de la faute inexcusable de l’employeur n’est pas du ressort de l’expertise CHSCT.

En l’occurrence, l’inspectrice du travail, a entendu comme les 35 personnes qui assistaient à la réunion, la restitution du rapport d’expertise conduite par le Docteur PALAZZI. Elle a jugé, dans le cadre de ses fonctions, que ces éléments devaient contribuer à la manifestation de la vérité. Elle a donc demandé la communication de ces documents, après notre refus le procureur nous a donné injonction de les lui donner comme le rappelle le journal « Le Monde ». Technologia n’avait pas les moyens de s’opposer au procureur de la République.

Ceux qui ont lu le rapport de Technologia ont pu aussi lire que, si les experts de Technologia s’inspiraient de la méthode, ils ne réalisent pas « d’autopsie psychologique ». Les experts Technologia ne demandent pas l’accès aux dossier médical et n’étudient que les aspects psychologiques en lien avec les situations de travail.

La question de l’autopsie psychologique.

Le même article pose aussi la question de l’autopsie psychologique. L’auteur qui a certainement lu le rapport de Technologia sur la souffrance au Travail chez Renault, devrait savoir que cette méthode n’est pas mise en œuvre dans les expertises Technologia. Vous trouverez ici les précisions données par l’expertise Réalisée pour Renault.

Il est grave de s’attaquer ainsi à un expert par des amalgames et des mensonges.

Pour ceux que la question de l’analyse des accidents de travail suicides intéresse, il faut savoir que des réflexions sont menées en continu sur les questions de méthodologie. Les risques et les intérêts d’analyser les suicide de salariés dans le cadre des expertises CHSCT sont constamment évalués.

A mon avis le pire c’est quand l’analyse de ce type d’accident du travail n’est pas faite. Ne rien faire, c’est laisser faire. Malheureusement c’est encore la majorité des cas. Et lorsque l’enquête est faite par les membres du CHSCT (avec ou sans la Direction), mais sans l’aide d’un professionnel de ce genre d’analyse. Par expérience et malheureusement, j’ai constaté que le risque de conséquences négatives d’une telle enquête « autonome » du CHSCT, sans le recours à l’expertise permise par l’article L4614-12, est très grand. Conséquences négatives, à la fois pour les proches de la victime et pour la collectivité de travail et de plus sans grand intérêt pour l’amélioration des conditions de travail.

Un commentaire Permalink
One comment on “France Télécom : Qui se cache derrière les attaques contre TECHNOLOGIA ?

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Les champs requis sont grisés

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>